Pourquoi la formation formelle n’est-elle plus suffisante ?
Lorsque nous parlons de formation ou pensons à une "formation", nous sous-entendons pour la plupart, qu’il s’agit de formation formelle, c’est-à-dire d’une formation avec un cadre bien défini, des objectifs pédagogiques, un formateur, professeur ou maître, un cursus, un dispositif pour évaluer, un calendrier, un diplôme ou un certificat.
La formation en mode formel est-elle la voie unique, la plus pertinente et la plus efficace pour les individus et les organisations d’aujourd’hui ?
Les limites de la formation formelle
Pour filer une métaphore, se former c’est prendre un car : il y a un point de rendez-vous, un horaire de départ, un chauffeur et un guide, une destination avec quelques arrêts prédéfinis pour se dégourdir et puis des passagers qui avancent tous ensemble et arrivent à la même heure au même endroit. La seule différence au cours de ce voyage est que certains auront profité ou subit plus que d’autres le paysage et les informations données (ou les connaissances transférées) par le guide.
Qu’il s’agisse de formations scolaires, universitaires ou professionnelles, nous sommes tous passés par ces institutions dans lesquelles le modèle est celui de la salle de classe avec un « sachant » qui « transfère ses connaissances » à des « appris* ». Ce néologisme est tiré du terme anglais « learned » qui est souvent traduit par « apprenant », participe présent actif. Dans le cadre d’un processus formel, il serait plus exact de dire « appris » sens passif du terme.
En effet, l’interactivité est en général assez limitée dans la mesure où tout est organisé autour des contraintes temporelles, spatiales et humaines : la salle, les objectifs et l’agenda, le professeur/formateur, le nombre de participants, les évaluations…
Il ne s’agit pas ici de dénigrer le modèle qui a façonné notre enfance et au-delà tout le 19ème et 20ème siècle en matière de formation et d’éducation. Il a été très utile pour former en masse et relativement efficacement aux bases de l’écriture, de la lecture, au calcul puis aux matières générales et professionnelles comme la comptabilité ou les langues. Il ne s’agit pas non plus de dénigrer cette formation formelle dans la mesure ou elle a toute son utilité pour des groupes d’apprenants de niveau homogène qui débutent avec une matière.
Nous avons tous eu le sentiment de perdre notre temps à écouter passivement un professeur Je dis relativement efficacement car ce système ne convient pas à tous et aussi et surtout parce que le temps perdu et cumulé à chaque fois qu’il y a inadéquation entre les attentes et besoins et ce qui est proposé est considérable. Nous avons tous eu le sentiment de perdre notre temps à écouter passivement un professeur, sans pouvoir interagir, sans pouvoir crier notre incompréhension, sans pouvoir échanger …
Ainsi, la formation formelle correspond à une approche de masse sur des contenus établis, des bases.
La croissance de l’apprentissage informel
Mais de plus en plus, la complexité du monde, la rapidité de ses évolutions nous incitent à apprendre en permanence, de façon diffuse, non planifiée, au moment où nous en avons besoin, auprès de collègues ou d’amis, par imitation et/ou par l’action, seul ou en communauté, grâce à un coach ou un mentor, « sur le tas ».
Dans un monde plus complexe, où les évolutions s’accélèrent, cet
apprentissage informel se doit désormais d’être considéré comme une forme d’intégration essentielle des connaissancesDans ces circonstances variées, nous parlons d’ailleurs plus volontiers d’apprendre que de former ou d’être formé. Les mots ont leur importance, ils traduisent ici un état assez caractéristique, celui de l’action, de la dynamique en un mot celui de la MOTIVATION.
Dans un monde plus complexe, où les évolutions s’accélèrent, cet apprentissage informel se doit désormais d’être considéré pleinement, il devient même une forme d’intégration essentielle des connaissances. Les nouvelles générations, celles du tout numérique, progressent principalement sur ce mode : elles apprennent par l’action, de façon plurielle et plus informelle.
Une nouvelle façon d’appréhender la formation : l’apprenance
Quand nous nous formons de façon informelle, nous n’y pensons pas c’est une activité « naturelle ». On ne pense pas aux notes ou à l’évaluation, on cherche tout simplement à comprendre, à résoudre un problème, à imiter ou à copier le mieux possible, à faire et à remplir notre tâche au mieux ou à satisfaire notre curiosité parce que tout cela revêt un sens pour nous. Nous pourrions formuler ou résumer les deux approches de la façon suivante : lorsque j’apprends c’est que je suis motivé, par contre lorsque je me forme ou que l’on me forme, la motivation n’est pas obligatoire, elle est secondaire et souvent artificielle.
Peut-on dès lors dire que l’on se forme de manière informelle ? La contradiction est apparente et n’est pas un hasard des mots. La forme touche au fond. Certains, partant de l’individu en recherche de connaissances et non du formateur préfèrent parler d’apprenance. L’apprenance n’est-elle pas finalement aujourd’hui le vrai sujet ?
A suivre…
Commentaires
formation formelle / formation informelle
9. avril 2008 - 18:18 — ocarbone (non vérifié)Pourquoi opposer la formation formelle et la formation informelle ? Ne s'agit il pas d'activité complémentaire ?
La formation formelle a des limites ... mais si l'on considère la formation informelle, on identifiera aussi des limites !!
Alors "formation formelle ou informelle ?" Je retrouve dans cette question la problématique posée il y a quelques années : "formation en salle ou formation à distance ?". La solution à cette problématique semble aujourd'hui être une des deux suivantes (en fonction des cas) :
Oui la formation informelle est un nouveau dispositif de formation. N'oublions cependant pas qu'elle est historiquement une attitude humaine et qu'elle peut être observée dans des environnement n'ayant jamais vu un pédagogue. Se former au fil de l'eau sans être encadré est le propre des autodidacte. La collaboration rendu aujourd'hui possible par le web donnent de l'ampleur à cette activité.
Le sujet est donc difficile à traiter. L'enjeu des "chargé(e)s de formation" est (si je ne me trompe pas) de formaliser la "formation informelle" pour en faire un dispositif pédagogique est assurer qu'elle atteindra bien ces objectifs.
Formation formelle et informelle se complète
6. septembre 2011 - 13:15 — Martin (non vérifié)